Festival du Film Francophone d'Angoulême
Chaque fin août, le Festival du Film Francophone d'Angoulême transforme la ville en capitale éphémère du cinéma de langue française : avant-premières, remise des Valois, masterclasses et stars du 7e art investissent les salles et les places avant la saison d'automne.
Naissance et identité du festival
Le Festival du Film Francophone d'Angoulême, plus connu sous son sigle FFA, a été fondé en 2008 à l'initiative de Dominique Besnehard, agent de cinéma et producteur, et de Marie-France Brière. L'idée de départ était simple et ambitieuse à la fois : créer un festival de cinéma estival ancré dans la francophonie, à une période de l'année — la fin août — où Paris se vide mais où les distributeurs cherchent à lancer leurs films porteurs avant la rentrée de septembre. Angoulême, ville culturellement ambitieuse, accueillant déjà le festival mondial de la BD, s'imposait comme lieu idéal.
Dès ses premières éditions, le FFA s'est distingué par son caractère populaire et accessible : une grande partie des projections sont gratuites ou à tarif réduit, et les films sont présentés non seulement dans les cinémas traditionnels mais aussi en plein air, sur des écrans installés dans les places et les jardins de la ville. Cette volonté de démocratisation du cinéma d'auteur et de qualité reste l'une des marques de fabrique du festival.
Les Valois : les récompenses du FFA
Le nom des récompenses du festival est un hommage direct à l'histoire d'Angoulême : les Valois rappellent la maison royale dont la ville fut le berceau, avec Marguerite d'Angoulême et son frère François Ier. Ces statuettes, qui représentent un prisme de verre taillé inspiré de la joaillerie Renaissance, sont remises lors de la cérémonie de clôture dans une ambiance à mi-chemin entre le glamour cannois et la convivialité d'un festival de province.
Valois de diamant
Le grand prix du festival, récompensant le meilleur film francophone de la sélection. Considéré comme un label de qualité qui peut influer sur la carrière en salles d'un film à la rentrée.
Valois du comédien & de la comédienne
Prix d'interprétation remis aux meilleurs acteur et actrice de la sélection. Parmi les lauréats passés figurent certains des noms les plus en vue du cinéma français.
Autres Valois
Le palmarès comprend également des prix de la mise en scène, du scénario et un Valois de la francophonie distinguant un film issu des cinémas du monde francophone hors France.
Programme et atmosphère
Une édition type du FFA dure cinq à six jours. Chaque journée s'articule autour des avant-premières présentées en présence des équipes de films, des séances grand public gratuites en plein air le soir, et d'activités parallèles telles que rencontres professionnelles, ateliers pour jeunes publics et masterclasses animées par des cinéastes ou acteurs reconnus. Le « focus pays » — une thématique ou une cinématographie nationale mise à l'honneur chaque année — élargit le programme bien au-delà du seul cinéma français pour couvrir l'ensemble de l'espace francophone, du Québec au Maghreb, de la Belgique à l'Afrique subsaharienne.
La ville d'Angoulême se prête remarquablement bien à cet événement : les rues de la ville haute, les places pavées, les jardins en surplomb de la Charente constituent des décors naturels pour les projections nocturnes. La présence de stars du cinéma français — acteurs, réalisateurs, scénaristes — donne à la ville pendant quelques jours une effervescence médiatique rare pour une ville de cette taille. Le FFA est devenu en moins de vingt ans l'un des trois ou quatre festivals de cinéma de référence en France, après Cannes et avant la reprise des sorties de rentrée.
Les lieux du festival
Les projections se tiennent dans plusieurs lieux complémentaires. Le Cinéma CGR Dragon, principal multiplexe de la ville, accueille les avant-premières officielles et les séances de compétition. Le Théâtre d'Angoulême, avenue Gambetta, héberge les cérémonies et certaines masterclasses. Des espaces en plein air — parvis, jardin vert et cours de l'hôtel de ville — accueillent les projections gratuites du soir. Des expositions et installations liées au cinéma occupent parfois les musées et galeries de la ville haute, créant un parcours culturel qui déborde au-delà du strict programme filmique.
FFA et BD : deux festivals, une ville d'image
Le FFA s'inscrit dans la tradition angoumoisine de la « ville de l'image ». Si le statut de capitale de la BD repose sur un festival de janvier et sur des institutions permanentes comme la Cité de la bande dessinée et le pôle Magelis, le cinéma est naturellement le pendant vivant de cette vocation : l'image animée a sa place dans la ville. La coexistence des deux festivals, à huit mois d'écart, construit une identité culturelle cohérente autour de la narration visuelle sous toutes ses formes.